Fragments of Intimacies (The Nudes series)
- 11 juin
- 2 min de lecture
Christelle Kahla
Espace Louve
Du 17 septembre au 12 octobre 2026
Vernissage le 17 septembre à 18h

Le corps n'est jamais montré. Il affleure, par fragments, par empreintes, par absences.
Avec Fragments of Intimacies, Christelle Kahla investit les quatre murs du MAF pour une expérience immersive à 360 degrés. Pensée comme un montage d'images, l'exposition prolonge une série entamée en 2023 et présentée pour la première fois début 2026 au Kunsthaus Langenthal. Elle réunit ici des œuvres existantes et une nouvelle série de grands formats, produite spécialement pour Lausanne.
Chaque toile naît d'un geste de projection. À l'aérographe, la peinture passe à travers des objets, dentelles, bas, textiles, qui agissent comme des filtres. Proche du photogramme, le procédé fait disparaître l'objet pour n'en garder qu'une trace spectrale. La toile brute devient alors une peau : tendue, marquée, traversée. Le sous-titre The Nudes series détourne la tradition du nu dans l'histoire de l'art : ici, le corps n'est jamais frontal, mais contourné, effleuré, suggéré.
La scénographie joue de cette tension. Sur deux murs, de grandes toiles s'accrochent sans interruption, comme un panoramique continu. Sur les murs percés de fenêtres, les petits formats se dispersent en séquences rythmées de ruptures et de silences. Des motifs de dentelle, sprayés à même le sol et sur la poutre centrale, prolongent la peinture dans l'architecture : le visiteur traverse l'œuvre, la foule, l'active. Entre continuité et fragmentation, présence et disparition, la peinture devient un espace de contact plutôt que de représentation.
Dans un lieu dédié à la visibilité des artistes femmes, Fragments of Intimacies propose une relecture du nu : une approche fragmentée et indirecte, qui rend le corps sensible sans jamais l'objectiver.

L'artiste
Née en 1994 à Morges, Christelle Kahla vit et travaille à Lausanne. Diplômée de l'ECAL puis de l'Institut Kunst, Gender & Natur à Bâle (Master en arts visuels, 2019), elle a séjourné en 2022 à la Cité internationale des arts à Paris grâce à une bourse du Canton de Vaud. Son travail, qui mêle peinture, photographie et installation, explore les tensions entre révélation et dissimulation, douceur et violence, désir et pouvoir. Elle y évoque le corps sans jamais le représenter directement : toujours suggéré, morcelé, effacé.

